jeudi 23 mars 2017

Interview dans l'Express

Benoit Hamon, le candidat du PS, défend la taxation des robots. Une idée également soutenue par Bill Gates. Cette proposition est-elle saugrenue ?
D’un point de vue politique, l’idée peut séduire tant le débat sur les destructions d’emplois liées à l’automatisation et au numérique est dans l’air du temps. On ne peut pas nier les effets du progrès technologique. Des suppressions de postes ont lieu, certains y sont plus exposés, et on doit faciliter leur reconversion. Mais du point de vue économique, taxer les robots serait une erreur aux conséquences défavorables à l’emploi.
Pourtant cette taxe permettrait de financer la reconversion des salariés qui ont perdu leur poste…
Le lien entre robotisation et chômage n’est pas évident. Nous souffrons d’un chômage de masse alors que notre industrie a moins de robots que la moyenne des grands pays. Pour être plus compétitive, la France doit donc accélérer ses investissements productifs car c’est ainsi que l’on crée les emplois à forte valeur ajoutée qui évitent la concurrence frontale des pays à bas coûts. Taxer les robots aurait l’effet inverse.
Mais alors, que faire ?
Pas ralentir le progrès ni taxer les profits liés aux robots davantage que ceux liés à des rentes ! Un ordinateur est un « robot logique » et le développement du traitement de texte supprime des emplois de secrétaire, faut-il aussi taxer les ordinateurs et les logiciels ? Taxer l’intelligence des salariés quand elle permet de produire plus par emploi ? Ce qu’il faut, c’est des prélèvements clairs et non discriminatoires sur les profits, la consommation ou la pollution plutôt que les robots ou les salaires. Et investir sur l’orientation, la formation et tout ce qui favorise l’insertion dans l’emploi et la productivité !


Propos recueillis par Béatrice Mathieu

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