samedi 2 mai 2015



Nous assistons actuellement au développement des MOOCs (Massive Open Online Course) : des cours en ligne gratuits et disponibles à toutes les personnes ayant accès à internet. Ce terme est apparu pour la première fois en 2011 dans le cadre d’un cours sur l’intelligence artificiel à Stanford. Son inventeur, Sébastien Thrun, rencontra un franc succès puisqu’un peu plus de 150 000 étudiants suivirent ce cours en ligne. Par la suite, le concept s’est vu revisité par deux enseignants de l’université de Toronto: Stephen Downes et Georges Siemens, qui proposèrent de basculer leur cours « CCKO8 : Connectivism and connective knowledge » sur internet. Et encore une fois, l’observation fut marquante : 2300 personnes venant des 4 coins du monde avaient suivi au moins une partie du cours. Cette expérience, qui n’était au départ que locale, est aujourd’hui devenue un phénomène mondial – promettant un changement majeur dans l’enseignement avec une pédagogie participative en virtuel dans les cursus d’enseignement.

Ces types de cours sont une nouveauté sur plusieurs points. Tout d’abord, il dispense de la nécessité des étudiants de se déplacer pour suivre un cours tout en palliant aussi le problème de disponibilité des enseignants, qui constitue une ressource élémentaire. De manière plus générale, ces cours constituent un avantage en terme d’organisation. Les horaires ne sont plus problématiques puisque l’étudiant peut choisir l’heure qui lui convient le mieux pour suivre le cours choisi.  Aussi, ces MOOCs ont l’avantage d’être gratuits. Face à des systèmes éducatifs extrêmement onéreux -  comme aux Etats Unis ou un grand nombre d’étudiants sont endettés - les MOOCs permettent de faire des économies considérables tout en réduisant l’effectif des classes et le nombre de personnes sur les campus.  Cet aspect est aussi considéré en Europe et particulièrement en France, où le système universitaire, bien que moins élevé qu’aux Etats Unis, coûte particulièrement cher au gouvernement.  D’autre part, l’aspect social des MOOCs est très innovant : il permet d’accompagner les étudiants dans leur démarche pédagogique en mettant à disposition des plateformes collaboratives autour des thématiques enseignées. Ils entrainent la discussion et facilite l’échange pour des profiles plus timides. Enfin, les MOOCs facilitent l’accès à l’éducation - tant pour les jeunes de pays défavorisés que pour des employés au sein d’entreprises souhaitant développer de nouvelles compétences ou des retraités intéressés par obtenir des formations dans des domaines spécifiques. La validation des MOOCs étant de plus en plus certifié par l’obtention d’un diplôme, ces modes d’enseignement deviennent de plus en répandus et reconnus.

Mais peut-on intégrer des connaissances de manière aussi qualitative en virtuel qu’avec un professeur en face à face? Cette transformation de l’éducation est largement controversée. Un double discours apparaît : d’un côté, les utopistes de l’éducation en ligne soulignent l’opportunité des MOOCs de rendre accessible pour tous des cours de qualité tels que ceux du MIT ou de Harvard, et de l’autre les amoureux de l’enseignement présentiel prêt à mettre tous les moyens en œuvre pour contrer cette tendance et améliorer le système en incitant les professeurs à s’investir plus dans l’enseignement de leurs élèves et leur accompagnement.  

Ce phénomène soulève une réflexion majeure liée à l’important développement des nouvelles technologies et des réseaux sociaux : intègre-t-on des connaissances derrière un ordinateur ? Si c’est le cas, quelle est la différence d’apprentissage des savoirs entre un amphi traditionnel et un cours en ligne comme les MOOCs ? Les spécialistes de l’économie de la connaissance n’ont pas encore tiré de conclusion claire sur ce sujet mais des recherches sont faites régulièrement. Dernièrement, une étude a été menée pour comparer le niveau d’intégration de connaissance d’un cours traditionnel de physique avec un MOOC du même sujet.  Les chercheurs ont notamment comparés les connaissances des élèves en les évaluant avec un devoir maison constitué de questions similaires, afin de voir si les deux types d’élèves répondaient de manière similaire. Les résultats démontraient que les élèves ayant suivi le cours traditionnel ont eu des résultats aussi bons que les élèves ayant suivi le MOOC. Mais les matières se prêtent-elles toutes à un enseignement digital ?

   Au delà de cette problématique, les opportunités de développement des MOOCs sont assez convaincants. Face aux développement de tous les outils « analytics » et l’utilisation du big data, nous pourrions imaginer l’évolution des MOOCs en des cours en ligne personnalisés s’adaptant à chaque étudiant en fonction de leur préférence d’apprentissage : serious game, QCM, lectures ou cours interactifs.  Cette solution apparaîtrait alors comme une alternative pédagogique permettant aux élèves en difficulté dans un cours spécifique de bénéficier d’un MOOC personnalisé facilitant l’apprentissage de connaissance souhaitée avec une meilleure adaptation dans les techniques d’enseignement.

Laura Ghebali



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